dans La bière

Voilà un sujet un rien complexe l’air de rien.

Lorsque j’étais enfant, il existait une firme de disques répondant au doux nom de Deca. Logique dés lors de parler de Déca Danse…

Lorsqu’il s’agit de bière, en tapotant un peu sur Internet, il existe quelques productions qui reprennent ce nom : un stout de la brasserie anglaise Weird Beard Brew Co. Une bière au poil si j’ose dire. Il existe aussi une brasserie américaine, Alesmith, qui propose un Barleywine millésimé et nos amis espagnols s’ajoutent à la liste grâce à Edge Brewing, une petite brasserie située à Barcelone, créée par deux Américains, avec la Pure Décadence.

Comme quoi, le thème fait un peu rêver…On dirait que l’empire romain a laissé des traces dans de nombreuses cervelles. Ils se prennent peut-être à vouloir des orgies pleines de sylphides et d’éphèbes à peines pubères vêtus de voilages blancs bien évidemment. Oui, mais bon, c’est pas tout ça, il m’en reste deux cent grammes, je vous les mets ? Oui, mais, la vraie décadence, dans tout ça ? Comme le dit si bien Daan :

« La vraie décadence

C’est de ne pas dire ce qu’on pense

La vraie dépendance

C’est de gâcher ses propres chances

La vraie déchéance

C’est refuser toute arrogance »

 

Et là, je me demande, si nous ne serions pas en train de plonger doucement dans cette vraie situation… La bière belge existe-t-elle vraiment ? Oui, je sais, elle est reconnue au patrimoine mondial tagada-tsouin-tsouin, mais qu’est-ce qui la rend vraiment belge cette moussue ? Rien, si ce n’est un savoir-faire qui n’est pas souvent un faire-savoir. Quand les principaux pays producteurs en dehors de notre royaume font du « belgian style », ils tentent de reproduire un modèle, une recette, mais trouvent-ils forcément l’âme, le cœur du produit ? La réponse est plus que souvent « oui », même si nous pouvons nous draper dans notre dignité d’un air outré et signifier à la valetaille mondiale que c’est de l’imitation, il arrive régulièrement qu’elle soit plus précise que bien des productions locales.

Oui, nous péchons par orgueil, par manque de vision, et surtout par manque de raison. Se lancer à corps perdus dans les IPA est une absurdité en terme de « terroir ». J’ai croisé il y a peu des producteurs belges élaborant une gamme « american style »… La décadence c’est gâcher ses propres chances, et faire tout et n’importe quoi comme la planète entière, ce n’est pas créer, ce n’est pas chercher, c’est juste faire comme tout le monde en se croyant originaux. L’originalité c’est une différence, mais aussi la capacité à revenir à l’essentiel, aux bases de ce qui a forgé une identité.

Le monde de la bière oublie souvent de regarder celui du vin, alors que la plupart des plus belles caves à vins de Belgique se trouvent chez les brasseurs. Les vignerons bordelais vivent la même chose que les brasseurs belges, une position à la fois dominante, avec son corolaire prétentieux et incapable de communiquer vraiment,  et une position de citadelle assiégée de toutes parts par tous ceux qui veulent lui ressembler, la remplacer, la dépasser. Les Bordelais commencent à peine à entrevoir la situation, les producteurs belges devraient s’ouvrir, s’unir, pour ne pas avoir à agir comme les Français… Encore faudra-t-il en être capable avant de devoir vivre la vraie décadence.

 

Tout ce que vous devez savoir sur la bière : www.becomev.com

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