dans Les spiritueux

Alerte sur la planète Malt !

Il est de retour, juste avant les hirondelles, et, comme elles s’il ne fait pas le printemps, il y contribue quand même un peu.

Cela fait huit ans maintenant que la distillerie de Tain, dans le Ross-Shire, propose une édition relativement limitée d’une cuvée unique. Les éditions précédentes se sont couvertes de gloires, et de médailles, dans les différents concours de spiritueux majeurs de la planète ; Glenmorangie Ealanta étant même carrément Whisky mondial de l’année dans le Whisky Bible 2014 de Jim Murray. C’est dire que l’événement est attendu par les amateurs de la planète Malt. Bacalta est le petit nouveau. En gaélique écossais, cela signifie « four » ; parce que cette fois le spiritueux a achevé sa maturation dans des fûts de vins de Madère, plus précisément ayant contenu de la Malvoisie. Mais les choses ne se résument pas aussi si simplement. L’industrie du luxe a aussi quelques codes et privilèges à faire valoir. Bill Lumsden, directeur de la distillation, de la création de whisky et des stocks de whisky de la maison, a, depuis une vingtaine d’année, le souvenir ému d’une première cuvée passée dans les fûts en provenance de l’île aux fleurs. Mais les choses ne sont pas toujours simples, même quand on est un maillon fort du groupe LVMH. La production des vins de Madère n’est pas des plus importantes de la planète, et récupérer des barriques de qualité en provenance du milieu de l’Atlantique n’est pas une sinécure. Notre homme a pris le taureau par les cornes, enfin plutôt le Nessie par la queue, c’est plus local pour lui. Il a fait faire des barriques de chêne américain fortement toastées. Ensuite ces barriques ont été travaillées au vin de malvoisie de Madère en plein soleil. Pendant ce temps, en Ecosse, dans le Vallon des Grandes Prairies (gleann mór innse en écossais), une sélection particulière d’alcool vieillissait des fûts ayant contenus du Bourbon. C’est normal, que personne ne s’inquiète. Au bout de quelques années, les whiskies furent mis en finition dans les barriques en provenance de Madère. A la dégustation cela donne : des abricots mûrs, de l’hydromel, et une note minérale suivie d’un chocolat blanc sucré. Un peu d’eau fait ressortir une note classique balsamique tirant vers le ‘rancio’ avec une trace de pain sortant du four et de biscuit. En bouche : une bouffée initiale de caramel à la menthe, avec des fruits cuits comme des oranges et des abricots caramélisés, beaucoup de miel, d’amandes et de dattes … Chocolat au lait, massepain, poivre blanc et melon très mur.

Finition : un arrière-goût riche et rond avec plus d’agrumes caramélisés et de poires, un fondant crémeux, mais toujours une sensation mentholée, tirant vers l’eucalyptus assez surprenante en arrière-plan. Bref, c’est vachement bon. Pas fait pour échouer dans un cocktail, mais bien pour éclairer une fin de soirée toute en douceur et en élégance. A boire à température de cave, pour qu’il vienne doucement, couche par couche, arôme par arôme.

 

Glenmorangie Bacalta, en vente chez les bons cavistes pour 84 € la bouteille prix conseillé.

 

Plus d’infos sur www.glenmorangie.com

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