dans Les spiritueux

Le 16 août dernier avait lieu la première journée mondiale du Rhum à l’instigation de Brugal, une maison basée en République Dominicaine.

Le rhum est un produit étrange, un des rares spiritueux polymorphes de la planète. Car il change de nom suivant les régions, et ce changement induit une différence énorme entre les produits.

Il s’appelle Rhum en français, Ron en espagnol et Rum en anglais. Historiquement il semble que le produit soit d’origine anglaise, enfin des Caraïbes anglaises à l’époque. L’origine exacte est un poil confus, ne fut-ce qu’au niveau de l’étymologie mais quoi qu’il en soit, son histoire est intimement liée à celle de l’esclavage et de la production du sucre de canne. En effet, parmi les origines les plus communément admises pour cette boisson, il y aurait la mélasse volée par des esclaves, mélangée à de l’eau et mise à fermenter. Cette chose une fois fermentée aurait donné l’ancêtre du spiritueux que nous connaissons si bien aujourd’hui. L’immense majorité de la production de rum actuelle est toujours basée sur ce principe. Quelque part, le rum à la britannique ou à l’espagnole est un sous-produit du sucre. La mélasse, que l’on nomme aussi parfois « incristallisable » sert de produit de base, d’où ce goût très particulier des rum blancs. Pour les bruns ils sont souvent aromatisés et tournent aux alentours de 40/42%Vol. Les Français quant à eux doivent le rhum agricole aux guerres napoléoniennes et au blocus continental imposé par les Britanniques. Ce qui, au passage, nous a donné l’occasion de découvrir le sucre de betterave, mais c’est une toute autre histoire. L’impossibilité pour les colonies françaises d’exporter le sucre produit en Martinique et Guadeloupe a eu pour résultat de changer radicalement la production du rhum local. Au lieu d’utiliser la mélasse, les Français ont utilisé l’entièreté du jus de canne. Ce qui a pour résultat de donner des alcools nettement plus aromatiques pour les blancs, et bien plus puissants pour les deux couleurs. De plus, techniquement, l’habitude de consommation du rhum se porte plus vers des produits marqués par le vieillissement et pas par des adjonctions aromatiques. Certes, c’est un peu lapidaire, mais, c’est promis, je vous en raconterai plus un de ces jours. Pour en revenir à Brugal, la cuvée du jour se nomme « Ron Gran Reserva 1888 Doblemente Anejado », je vous rassure directement, il ne s’agit pas d’un rum du 19è siècle car ça ne serait pas une bouteille à partager, je la garderai pour moi.

Le nez est très riche, vanillé, caramel, c’est assez doux en bouche. Le passage en barrique se caractérise par une note très ronde. La bouche est très fruitée, voici un rum parfait tant en dégustation pour accompagner un cigare qu’en cocktail. Et là je laisse libre cours à votre imagination…

 

Disponible chez les bons cavistes.

https://be.brugal-rum.com

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Comments
  • Philippe
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    A 5 minutes de chez moi, mais pas encore pu y aller (faut pas espérer sans réservation …)

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